Le processus de création chez Almarose
L’histoire commence toujours avant le premier croquis. Il naît des images accumulées au fil du temps : une architecture qui intrigue, une forme dans un musée, une sculpture, un objet ancien, un détail presque invisible qui réveille une idée. La création s’enracine dans ces instants silencieux, dans la façon dont ils se déposent, puis se transforment en formes nouvelles.
Créer demande du silence intérieur.
Il faut accepter de ne pas forcer l’idée. Regarder autour, la vie, le monde, ce que les autres créent en cherchant en soi, ce qui nous parle, nous est propre.
Laisser le croquis venir, parfois d’un seul geste, parfois après plusieurs essais. Ce n’est jamais un acte pressé. C’est un moment presque spirituel, où l’on se relie à soi, à ce que l’on souhaite transmettre, et à la personne qui portera la pièce.
La naissance d’une intention
Pour une collection, ce travail d’intuition devient un cap. On cherche une cohérence, un rythme, une dynamique. Les pièces doivent dialoguer entre elles, refléter une identité tout en laissant la place à la liberté. Chaque création doit–à sa manière–exprimer une part de ce qui nous anime.
À l’atelier, je crée souvent directement dans le métal. C’est lui qui me parle le mieux. L’or jaune, l’or blanc, rouge, ou bien même l’argent révèlent leurs contraintes naturelles, et c’est dans ces limites que naissent les plus belles idées. Une courbe qui se tend, un volume qui s’ouvre, une épaisseur qui se resserre. Chaque geste compte : limer, étirer, cintrer, marteler. Parfois, un mouvement du métal me donne la prochaine inspiration.
Et toujours, en filigrane, l’histoire de la personne qui m’a confié son projet.
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Un bijou façonné pour une personne
Chaque forme répond à une demande, une mesure, un mode de vie. On choisit une hauteur, une largeur, une épaisseur. On cherche l’équilibre, la justesse. Une pièce se construit pas à pas, en gardant toujours en tête celle ou celui qui la portera.
La création n’est jamais une ligne droite. C’est un dialogue, une exploration, un geste qui s’ajuste. Et c’est dans cette lenteur assumée que naît la justesse, celle qui rend un bijou unique, à la fois ancré dans le présent et fait pour durer. Créer demande de la patience.
Il faut s’écouter, accepter que l’idée prenne son temps, laisser émerger cette ligne qui, un jour, arrive sans prévenir. C’est un moment intime, presque méditatif, où l’on se relie à soi et à l’histoire que la pièce devra porter.







